1. Quelques mots sur l’ancien temple
Wat Phou (temple-montagne en laotien) est un complexe de temples hindous khmers du sud du Laos. Il est situé au pied du Phou Khao (montagne de l’éléphant), dans la province de Champassak, à 6 kilomètres du Mékong. Ce vestige est entouré de 4 000 îles, grandes et petites, sur le Mékong, appelées Siphandone (Siphan = 4 000, done = île). On y trouve de nombreux vestiges de civilisations anciennes, avec des châteaux de grès et des temples dédiés au bouddhisme Theravada. Les Laotiens considèrent le Mékong qui traverse cette région comme une mer potentielle, avec neuf montagnes entourant la vieille ville
Ce complexe abrite un temple du Ve siècle, mais les structures restantes datent du XIe au XIIIe siècle. Selon les historiens, Wat Phou est le plus ancien temple du Laos, autrefois centre de l’hindouisme, vénérant Shiva. Au XIIIe siècle, Wat Phou était devenu un temple bouddhiste et a survécu jusqu’à nos jours, devenant l’un des hauts lieux de préservation des valeurs historiques et culturelles du Laos. Ce lieu était également un centre de culte Theravada, qui subsiste encore aujourd’hui. En 2001, Wat Phou a été inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO et a été soigneusement préservé.

2. Histoire et anecdotes
Le temple de Wat Phou est situé dans un lieu magique où le Mékong serpente autour de milliers de petites îles. Il abrite d’anciens vestiges d’une civilisation ancestrale et d’incroyables œuvres architecturales.
Le temple de Wat Phou est construit sur une chaussée rectiligne d’un kilomètre et demi, avec sept marches en pierre menant à un petit sanctuaire en pierre près d’une source naturelle.
En pénétrant dans le vaste complexe de 39 000 hectares, les visiteurs marchent entre deux grands réservoirs d’eau rectangulaires, ouvrant sur une grande place abritant deux bâtiments en pierre de style khmer. Conçus pour le culte et les cérémonies, ces bâtiments présentent des toits triangulaires et des barres horizontales sculptées représentant des scènes de l’épopée indienne du Mahabharata du IIIe siècle.
En pénétrant plus profondément dans le complexe, vous passerez devant un temple en ruine dédié au Mont Nandi de Shiva, puis gravirez des marches en pierre avec des rampes en forme de nagas (serpents de rivière mythiques) avant d’atteindre le sanctuaire supérieur. Sculpté d’images d’apsaras (divinités dansantes) et de dieux hindous, ce temple recouvert de mousse abritait autrefois un grand linga alimenté par un petit ruisseau qui coulait du flanc rocheux de la colline. Au XIIIe siècle, après la chute de l’Empire khmer, le linga fut remplacé par une statue de Bouddha.
Des vestiges préangkoriens sont disséminés sur les collines verdoyantes de Vat Phou, notamment une sculpture représentant un triangle hindou (Brahma, Vishnu et Shiva) et un étrange rocher avec une empreinte en forme de crocodile. Des récits de voyage chinois du VIe siècle mentionnent que ce rocher était utilisé pour des sacrifices humains en l’honneur d’un dieu de la montagne. La terrasse supérieure est orientée à l’est et offre une vue imprenable sur la campagne luxuriante, ses rizières et ses petits villages qui s’étendent jusqu’au Mékong.

De nombreuses légendes entourent ce site sacré. La légende et l’histoire laotiennes l’identifient comme le temple de Badhecvara, construit entre le Ve et le VIIe siècle. Il abrite également la citadelle de Crethapura, première capitale du royaume de Chenla. La légende raconte qu’une fois par an, le roi de Chenla traversait le terrain dangereux, s’introduisait dans le temple et tuait un humain pour l’offrir au dieu afin de prier pour la paix du pays. Plus tard, ce sacrifice fut remplacé par un sacrifice de buffle, qui était également une fête de prière pour la pluie pour la population locale. Une autre légende raconte l’histoire de Nang Phan, séduite et tombée enceinte hors mariage. Elle fut si furieuse qu’elle lança un sort : toute jeune fille séduite par un homme et tombée enceinte hors mariage, comme elle, devait offrir un buffle au dieu pour se libérer. Sinon, le riz des champs mourrait en fleur, et le riz des champs se fanerait et mourrait.
3. Un lieu de préservation de nombreuses valeurs culturelles anciennes
Le temple de Wat Phou a été construit selon un plan spécial, avec un bain de linga alimenté par un ruisseau dans le ravin. C’était autrefois le lieu où se déroulaient les rituels religieux du Patriarche suprême et il est toujours intact aujourd’hui. Le temple Wat Phou Lao est niché au pied de la montagne sacrée de l’Éléphant, Phou Kao. Selon les chercheurs, il s’agit du plus ancien temple du Laos, avec une histoire de plus de mille ans. Autrefois, le temple vénérait Shiva.
À partir du XIIIe siècle, lorsque le bouddhisme est entré au Laos, ce lieu vénérait Bouddha. Ainsi, dans le hall principal se trouve une grande statue de pierre de Bouddha Shakyamuni, entourée d’autels à encens remplis de fumée d’encens quotidienne. Chaque année, en mars, selon le calendrier laotien, le festival Wat Phou est le plus grand festival bouddhiste du sud du Laos. Les touristes viennent ici pour vénérer Bouddha et demander des cartes de divination devant le temple afin de solliciter ses enseignements pour accomplir de bonnes actions, sauver des vies et prier pour la paix tout au long de l’année.


